Villez-Sur-Le-Neubourg se distingue des autres communes du Plateau par son caractère vallonné et son habitat moins dense, plus éclaté sur son territoire.
Le nom de Villez, comme ceux de Villers ou Villiers que lon trouve fréquemment en France, provient du mot latin " villaria ", dérivé lui même du mot " villa " qui aux époques gallo romaines, mérovingiennes et carolingiennes désignait une grande exploitation agricole dans lEure.
Les origines du nom incitent à penser que notre village existait déjà à lépoque de Charlemagne sous forme de groupement dindividus.

Le Presbytère



Le presbytère construit au 14 / 15 ème siècle est construit en pan de bois serré, " tant plein que vide ".
Au moment de la vente des biens nationaux ( an IV de la République ), le presbytère consistait en une maison principale. Lensemble du bien comprenait une grange avec pressoir, une cave voûtée en forme de croix et les alvéoles servaient de stockage des provisions pour lhiver un mur en bauge était construit pour en fermer lentrée et démolie au printemps lorsque les champs ne produisaient plus de légumes. Lescalier à trois marches pour aller à la cave à loriginalité davoir une voûte correspondante à la hauteur de chaque marche.
Un cellier,  3 petites écuries, un four à pain ainsi quun petit fruitier attenant à léglise. Le tout était couvert en chaume, sauf la maison et le fruitier en tuile.
En 1828, le presbytère est acheté par la commune et y ajoute un colombier.
En 1911, la municipalité fait réaliser des travaux de rafraîchissement (peinture et vitrerie). En 1946 de nouveaux travaux sont décidés pour laménagement du logement de linstituteur.

Aujourdhui, le presbytère est en cours de restauration par des passionnés de vieilles pierres.
 


Rue Valle  Bâtiment offert à la commune par Mme VALLE.


Grande et petite histoire de la cour masure de Villez-sur-le-Neubourg du 18e siècle à nos jours

Approche historique, sociale et familiale

Témoignages transmis de génération en génération depuis

Grand-Mère Delphin

Recherches et rédaction effectuées par

Jacques Hérold

Mise en forme par

Frédérique Audoin-Rouzeau (alias Fred Vargas) - 2008

   « Bien de mère ne fuit pas »

(adage normand)

 
Nous ne connaissons malheureusement pas d’historiennes normandes du Moyen Âge, quoique l’histoire nous fournisse de nombreux exemples de femmes qui s’intéressèrent à l’histoire du duché médiéval. Loin de conclure que les femmes normandes n’aient joué aucun rôle dans le processus de l’écriture de l’histoire, je voudrais suggérer qu’il y a d’autres manières où elles purent s’impliquer dans l’histoire de leurs familles. Elles agissaient comme des canaux de communication historique entre les générations. Leur implication dans l’histoire était intimement liée au désir de contrôler leur présent et leur futur, et a stimulé la production de récits historiques et prophétiques. »1

E. van Houts

Historien (2001)

Parce que l’histoire de chaque être humain est unique et que chaque être humain contribue à créer l’Histoire de notre société, la mémoire doit être transmise aux jeunes générations pour que nous puissions appréhender l’avenir avec force et confiance. Il est primordial, tant pour notre construction identitaire personnelle ou professionnelle, d’écouter et de valoriser la parole des anciens. La mémoire est le socle de notre culture, la base sur laquelle nous faisons vivre nos valeurs. Elle est une source incontournable du lien social et « l’ancien », un acteur essentiel du maillage de notre société. La transmission de leurs savoirs doit permettre de redonner ainsi toute l’importance de leur rôle dans la société, à savoir, être le « témoin charnel entre la mémoire et l’histoire ». […]

Les mutations de la société ont largement contribué à transformer le rôle des personnes âgées. Autrefois, les grands-parents vivaient en famille, conservaient leurs activités dans la maison, et participaient à l’éducation des petits-enfants. Aujourd’hui, ce rôle a quelque peu changé, la relation entre grands-parents et petits-enfants est essentiellement fondée sur l’affection, en raison de l’éloignement géographique de la famille, mais aussi parce que les modes d’éducation ont également évolué. Mais le rôle des grands-parents ou des personnes âgées, si l’on considère un sens plus large, ne doit pas se cantonner à cet affect, il doit être également celui de raconter, de faire revivre le souvenir d’une époque et transmettre les images d’un autre temps pour ancrer les racines de la descendance.

Pierre Nora Historien  (2007)

        J’avais à cœur de faire rentrer la vieille France dans la mémoire et l’intelligence des générations nouvelles, de ramener parmi nous un sentiment de justice et de sympathie envers nos anciens souvenirs, envers cette société française qui a vécu laborieusement et glorieusement quinze siècles pour amasser l’héritage que nous avons recueilli. C’est un désordre grave, c’est un grand affaiblissement chez une nation que l’oubli et le dédain de son passé. Quand les générations, qui possèdent pour un moment la patrie, ont l’absurde arrogance de croire qu’elle leur appartient à elles seules, et que le passé en face du présent, c’est la mort en face de la vie, quand elles repoussent l’empire des traditions et des liens qui unissent les générations, c’est le caractère et l’honneur du génie humain, c’est son destin qu’elles renient.

François Guizot (1787-1874)

Historien et homme d’Etat

I. Villez, lieu de passage des troupeaux de bœufs (17e-18e siècles)

Au 17e et au 18e siècles, une importante partie de la population de Villez vivait du passage de troupeaux de bovins.

 Cette situation avait une origine lointaine.

1 - Les Calenge de Paris, près du Temple

- 1292 : « ... La tierce queste Saint-Gervais La rue de la Cortille Barbeite, des chans jusques à la porte (La porte Barbette étoit située dans la Vieille rue du Temple, un peu au-dessus de l’endroit où débouchent dans cette rue la rue du Paradis et des Francs-Bourgeois. La Vieille rue du Temple a primitivement reçu le nom de rue de la Courtille-Barbette, depuis la porte Barbette jusqu’à l’extrémité septentrionale de la rue, qui donnoit dans les champs) : Henri Calenge 8 s(ols) ; C’est la queste du Temple dehors les murs (Le Temple n’avoit pas été compris dans l’enceinte de Philippe-Auguste. C’estoit primitivement la demeure du grand-prieur de l’ordre des Templiers et des chevaliers du Temple, qui, dès le principe, devoient se trouver en assez grand nombre dans la capitale, puisqu’ils assistoient, au nombre de 130, à un chapitre tenu à Paris vers le milieu du XIIème siècle) : Colin Calenge 2 s(ols), Pierre Calenge 4 s(ols) ... » (Paris sous Philippe-le-Bel, le rôle de la taille imposé aux habitants de Paris en 1292, de H. Guéraud, 1837).
- 1296 : « ... Pierre Calenge II s(ols) VI d(eniers)... » (Le livre de la taille de Paris l’an 1296, de Karl Michaëlsson, 1958).