2 - Histoire sommaire du Neubourg et de la Commanderie du Temple de Renneville

Riche région agricole, le plateau du Neubourg a été habité dès la préhistoire malgré le manque d'eau. En effet, il n'a pas de cours d'eau. Lieu de passage vers les grandes villes proches (Rouen, Evreux, Elbeuf, Louviers très importante au Moyen Age), le Neubourg a été une place importante de négoce de bétails et de produits agricoles. Son marché est encore reconnu aujourd'hui. Au moment de la conquête de la Gaulle par César, la Normandie ne compte que 100.000 habitants, peut-être 20.000 pour tout le département de l’Eure. A l’époque, le territoire de la campagne du Neubourg est recouvert de forêts, de landes et de marécages

Le Neubourg ; à l’intérieur du cercle, la Ferme de La Calange
 
Le Neubourg ; à l’intérieur du cercle, la Ferme de  La Calange    Le Neubourg ; à l’intérieur de l’ovale du haut, le vieux Manoir-de-Calenge jouxtant les champs en bordure de lisière ; au centre de l’ovale en-dessous, la Ferme de La Calange ; dans le cercle du bas, un enclos qui pourrait être l’ancien clos Saint-Paul : « ... Ferme de Calenge au Neubourg, en 1745... ; ... Le Clos Saint-Paul (du nom de l’église Saint-Paul du Neubourg)... jouxte... le manoir dudit sieur de Calenge... ;... Bail de la ferme de Calenge au Neubourg en 1745... ;... Plan de la Ferme de Calange... ;... 1745... la Ferme de Calange est baillée à François Le Cœur moyennant la somme de 850 livres et d’une botte de lin par chacun an... » (La baronnie de Neubourg, d’André Plaisse, 1961). Sur l’agrandissement de la Ferme de La Calenge, ci-contre à gauche, on remarquera qu’elle se divise en 2 groupes de constructions ayant leur propre chemin d’accès. Nous verrons, sur la page suivante, que cette ferme se composait, dans les années 1740, d’une masure, de maisons, de bâtiments, d’un colombier  et  des dépendances qui furent celles nécessaires à l’exploitation d’une ferme. L’habitation (ou manoir) du tenant de ce fief en faisait probablement partie.

Baux de la Ferme de Calenge, datant de 1745, 1747 et 1706 :

« ... En 1745, la Ferme de Calange est baillée à François le Cœur moyennant le prix et somme de 850 livres et d’une botte de lin par chacun an ; ledit le Cœur est tenu en outre de fournir par chacun an le nombre de cinq cens bottes de chaume que le seigneur fera employer à ses frais, et de faire par chacun an quatre journées de harnois lorsqu’il en sera requis... » (La baronnie du Neubourg, d’André Plaisse, 1961)
« ... Signé Harcourt de Mailloc, Le Cœur père et fils... Saint-Michel prochain pour ensemencer les terres et faire la première récolte au mois d’août de la prochaine année 1747 à François Le Cœur, fils de François Le Cœur et Catherine Bidault, ses père et mère, tous demeurant en la paroisse de Villez, à ce présent et acceptant audit titre pendant ledit temps la terre et Ferme de Calenge, situés près Le Neubourg, consistant en masure, maisons, bâtiments, colombier, herbages, terres labourables et généralement toutes les circonstances et dépendances sans en rien refermer et tout ainsi qu’en tenaient les précédents fermiers... et ainsi de continuer d’année en année pendant le cours du présent bail, lequel est fait en outre aux charges et conditions qui suivent,

Philippe Mathière, dans son article intitulé « Une ancienne famille lovérienne : les Challenge » et paru dans le n° 114 de la revue « Connaissance de l’Eure », en octobre 1999, affirme que Guillaume Challenge l’aîné était bailli de Louviers dès 1407, lorsque Louis d’Harcourt devint archevêque de Rouen, et le resta jusqu’en 1418, date à laquelle les Anglais, commandés par le roi Henri V, s’emparèrent de Louviers.
En 1423, Guillaume Chalenge l’aîné détenait plusieurs héritages à Louviers : une foulerie, un manoir situé en la paroisse Notre-Dame, et plusieurs autres maisons. Il détenait aussi le « fieu noble » de Bérengéville-la-Champagne, dit « le fief aux Allains », qui était probablement un héritage de feu « Estienne Allain » ou d’un autre membre de cette famille. D’après François Blondel, ce fief, dénommé aussi fief « le roi », puis le « fief Challenge », fut la propriété de Phelipot Alain en 1394.
Plusieurs générations s’étant succédées après la mort de Guillaume Chalenge, un de ses descendants, nommé Jacques Challenge, fut interrogé par les commissaires royaux aux fins de vérification de sa noblesse, vers le milieu du XVIème siècle. Ils rapportent :

Comment Reginald de Calenge a-t-il pu être nommé à la tête du chapitre de Sées, s’il tirait ses origines du Neubourg ? Remarquons que dans la région du Neubourg, et plus précisément à Cesseville, plusieurs donations ont été faites aux frères prémontrés du prieuré de Sainte-Barbe en Auge ainsi qu’au prieuré de Saint-Germain-le-Gaillard (prieuré et chapelle convertie en ferme à Saint-Germain-de-Pasquier près de La Saussaye, au Nord de la plaine du Neubourg), rattaché au précédent :
« ... (Entre 1210 et 1334) Raoul Baignart, prêtre, donna à Sainte-Barbe tous les droits qu’il pouvait avoir sur l’église de Cesseville...